La ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) de la République démocratique du Congo, Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, est visée par une motion de défiance initiée par le député national André Mushongo. Il lui est reproché une mauvaise gestion de plusieurs quotités perçues auprès des établissements relevant de son secteur.
Les signataires de cette motion dénoncent notamment la gestion de la quotité destinée à la numérisation, dont le compte bancaire serait géré par la fille de la ministre, présentée comme chargée d’études au sein de son cabinet.
Ils déplorent également le non-reversement de certaines quotités au secrétaire général du ministère, aux trois conseils d’administration, à l’Intendance générale ainsi qu’à d’autres services. Ils dénoncent, en outre, le blocage des assignataires budgétaires à travers la gestion de la quotité du Fonds de promotion de l’éducation et de la formation (FPEF), versée par les établissements.
Les initiateurs de la motion contestent par ailleurs la création d’un compte bancaire unique regroupant l’ensemble de ces quotités, une mesure qui suscite leur mécontentement.
Cette initiative intervient dans le prolongement des recommandations précédemment adoptées par l’Assemblée nationale. Il y a environ trois mois, la Chambre basse du Parlement avait mis en place une commission d’enquête chargée d’examiner la gestion financière du ministère de l’ESU.
Selon les éléments présentés aux députés, les conclusions de cette enquête font état de soupçons de détournement des quotités prélevées sur les frais payés par les étudiants. Lors de la plénière de ce lundi 26 octobre, les députés nationaux ont adopté à l’unanimité des recommandations demandant à la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, de mettre fin aux fonctions de la ministre de l’ESU au sein du gouvernement.
Le Bureau de l’Assemblée nationale devrait ainsi saisir officiellement la cheffe du gouvernement afin de lui transmettre les résolutions issues de cette plénière. Parallèlement, les initiateurs de la motion de défiance, qui aurait déjà recueilli plus de 80 signatures, annoncent son dépôt au Bureau de l’Assemblée nationale le jeudi 29 octobre prochain.
Cette nouvelle initiative parlementaire intervient dans un contexte marqué par une autre motion de défiance visant le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi. Déposée par la députée nationale Hermione Bolumbe Bakando, cette motion porte sur des soupçons de détournement de 57 millions de dollars américains destinés au financement du Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agro-business (PEJAB), soutenu par la Banque africaine de développement (BAD).
Si ces deux initiatives aboutissent, elles pourraient accentuer la pression parlementaire sur le gouvernement Suminwa, déjà confronté à des demandes d’explications sur la gestion des fonds publics par certains de ses membres.






