Arrivée lundi 26 octobre à Kindu, chef-lieu du Maniema, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a lancé des chantiers de développement avant d’appeler la population à la vigilance face à ce qu’elle présente comme l’agression rwandaise.
C’est sa première visite officielle dans cette province depuis sa prise de fonctions. Accueillie à l’aéroport par une foule nombreuse jusqu’à la tribune officielle, elle a pris la parole en lingala, à la demande de la population. Elle a reconnu que le Maniema fait face à de nombreux défis.
Le programme annoncé couvre trois chantiers. Le lancement du projet TRANSFORME, destiné à soutenir les entrepreneurs et les petites et moyennes entreprises locales, le démarrage de travaux de voirie urbaine sur 30 kilomètres à Kindu, et la pose de la première pierre d’une centrale photovoltaïque de 3 mégawatts. Les travaux routiers incluent la route Lwama, qui dessert l’université de Kindu et l’hôpital militaire. Le financement de 300 millions de dollars annoncé concerne l’ensemble du projet, et non le seul Maniema.
Le registre a changé au moment du discours. Devant la population, la cheffe du gouvernement a assuré que Kinshasa n’avait oublié personne malgré la déstabilisation de l’Est, et que les habitants du Maniema avaient dit non à l’ennemi et à ses supplétifs. Elle a lancé : « Kindu ne tombera jamais. »
Elle a ensuite plaidé pour l’unité du pays, que ses ancêtres, a-t-elle dit, ont légué un et indivisible, et pour le refus de toute tentative de division, sous peine, selon elle, de devenir esclave d’autres. Elle a demandé aux habitants de dénoncer toute présence ennemie et de collaborer avec les services pour prévenir les infiltrations.
Sur le changement de nom de la rébellion, elle a été directe. L’AFC/M23 est devenue le Front pour la refondation de la nation, que dirige Joseph Kabila, secondé par Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa. La Première ministre y voit une tentative de « nationaliser » l’agression rwandaise. « C’est quoi, le FRN ? Front rwandais national ? », a-t-elle ironisé, avant d’appeler la foule à refuser d’être dominée.
Cette étape s’inscrit dans un contexte où les hostilités se poursuivent dans l’Est. Samedi, le président Félix Tshisekedi a aussi échangé avec les députés et sénateurs de l’Union sacrée. Les processus de paix de Washington et de Doha, eux, voient plusieurs engagements essentiels rester à concrétiser sur le terrain.






