La Banque centrale du Congo (BCC) répond. Le jour même de la publication de l’article d’Africa Intelligence consacré au budget voyages de Félix Tshisekedi, l’institution a diffusé le 21 octobre un communiqué de presse pour récuser toute attribution des chiffres cités à ses services.
Dans ce texte, la BCC indique avoir pris connaissance de l’article, intitulé « Le budget voyage à plus de 100 millions de dollars de Félix Tshisekedi », et de ses relais sur les réseaux sociaux, qui présentent les données comme émanant d’elle. Elle précise n’avoir produit ni publié aucun rapport officiel contenant les données évoquées sur le budget des déplacements du président de la République, ni d’aucune autre institution du pays.
En conséquence, la BCC récuse toute attribution de ces chiffres à sa compétence, en l’absence d’une source officielle dûment identifiée et vérifiable. Elle estime que les données engagent la responsabilité de leurs auteurs, ainsi que celle des organes et des personnes qui les relaient sans en avoir vérifié l’origine et l’exactitude.
L’institution rappelle que la fiabilité de l’information économique et financière suppose une identification rigoureuse des sources et une vérification préalable, surtout lorsque les données sont attribuées à une institution publique. Elle invite Africa Intelligence et tout média ayant relayé ces informations à préciser l’origine des données et à rectifier toute attribution laissant entendre que la BCC en serait la source officielle. Son objectif, dit-elle, est de préserver l’intégrité de sa communication institutionnelle et d’éviter que son nom soit associé à des informations qu’elle n’a ni produites ni officiellement validées.
Le communiqué ne dit pas que les chiffres sont faux. Il ne s’exprime pas non plus sur les écritures comptables qu’Africa Intelligence affirme avoir consultées. Selon la publication, près de 283 milliards de francs congolais, soit environ 122,3 millions de dollars, auraient été comptabilisés en 2025 pour les missions et déplacements du chef de l’État. Contactée par la publication avant sa parution, la présidence avait justifié ces dépenses par le contexte de guerre et l’intensité diplomatique, sans, d’après cet article, en contester le montant.
Africa Intelligence évoquait des documents de la Banque centrale du Congo et l’analyse de sa comptabilité. La BCC, elle, parle d’un « rapport officiel » qu’elle n’aurait ni produit ni publié. Elle demande à la publication de préciser l’origine de ses données et de rectifier toute attribution laissant entendre qu’elle en serait la source officielle.






