Par Steve WEMBI
NAIROBI, 18 octobre 2026 – Présenté par le passé en République démocratique du Congo (RDC) comme un proche de la famille du président turc Recep Tayyip Erdoğan, en raison de liens familiaux rapportés, Turhan Mildon, dirigeant de la société Milvest, se retrouve au cœur de controverses liées à l’exécution de plusieurs grands projets d’infrastructures financés par des fonds publics congolais.
Partenaire privilégié du pouvoir de Félix Tshisekedi, avec l’appui présumé de Nicolas Kazadi, ancien ministre des Finances, Turhan Mildon, à travers Milvest, aurait bénéficié de paiements publics avoisinant les 2 milliards de dollars américains, selon les éléments avancés dans ces investigations. Les modalités de financement, d’attribution et d’exécution des contrats concernés soulèvent des interrogations, dans un pays où l’accès aux services publics essentiels demeure un défi majeur.
Des relations privilégiées avec le pouvoir
Considéré comme un partenaire important des autorités congolaises, Turhan Mildon aurait bénéficié de mesures de protection inhabituelles, notamment de la part de la Garde républicaine, chargée de la sécurité du président de la République, ainsi que d’une équipe de gardes du corps turcs. Il aurait également joué un rôle important durant la dernière campagne présidentielle de Félix Tshisekedi.
Ces éléments soulèvent des questions sur la nature des relations entre l’homme d’affaires et les autorités congolaises, ainsi que sur les éventuels avantages dont sa société aurait bénéficié dans l’attribution et le financement des marchés publics.
Des paiements importants, des projets qui interrogent
Sous la gestion de Nicolas Kazadi au ministère des Finances, les paiements du Trésor public en faveur de Milvest auraient bénéficié d’un traitement préférentiel et de procédures d’urgence, selon les éléments rapportés dans ces investigations.
Pourtant, plusieurs projets confiés à l’entreprise, notamment le Centre financier de Kinshasa et l’Arena de Kinshasa, font l’objet de préoccupations concernant leur niveau d’achèvement et leur calendrier d’exécution, au regard des montants engagés.
La situation soulève des interrogations sur le suivi des marchés publics, les mécanismes de contrôle des dépenses et la conformité entre les sommes décaissées et les réalisations effectivement livrées.
Des travailleurs et des créanciers en attente de paiement
Désormais confrontée à des difficultés en RDC, la société Milvest ferait face à des réclamations de milliers de travailleurs congolais qui dénoncent plusieurs années de salaires impayés.
L’entreprise serait également visée par des démarches judiciaires de recouvrement et de saisie engagées par des créanciers, notamment des banques et des fournisseurs. Les dettes évoquées dans ces éléments dépasseraient les 100 millions de dollars américains.
Ces difficultés présumées soulèvent une question essentielle : comment une entreprise ayant bénéficié de contrats publics d’une telle ampleur peut-elle se retrouver confrontée à de telles réclamations financières ?
Des interrogations sur les investissements et la traçabilité des fonds
Selon les éléments présentés dans ces investigations, aucun investissement sur fonds propres de Turhan Mildon en RDC n’aurait été identifié à ce stade. Cette affirmation, qui nécessite une vérification documentaire approfondie, pose la question de la contribution financière réelle de l’entreprise dans les projets qui lui ont été confiés.
Au-delà du cas Milvest, les interrogations portent sur la traçabilité des paiements du Trésor public, le respect des règles de passation des marchés, les garanties exigées des entreprises contractantes et les responsabilités respectives des différents acteurs impliqués.
Près de 2 milliards de dollars : qui doit rendre des comptes ?
Au cœur de cette affaire, une question demeure : comment près de 2 milliards de dollars de fonds publics auraient-ils pu être engagés au profit de Milvest alors que plusieurs projets suscitent des interrogations sur leur niveau d’achèvement et que des travailleurs et des créanciers réclameraient toujours leur dû ?
Pour établir pleinement les responsabilités, il reste indispensable de confronter les montants annoncés aux documents de paiement, aux contrats signés, aux rapports d’audit et à l’état réel d’avancement des chantiers. Les réponses de Milvest, de Turhan Mildon et des autorités congolaises concernées sont également essentielles pour éclairer les faits.
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