Près de 283 milliards de francs congolais en un an, soit environ 122,3 millions de dollars. C’est ce que la présidence de Félix Tshisekedi aurait consacré en 2025 aux frais de mission et aux déplacements du chef de l’État et de son cabinet, d’après le décompte d’Africa Intelligence, établi à partir de documents comptables de la Banque centrale du Congo qu’elle a pu consulter.
La somme représenterait près d’un tiers du budget rectifié de la présidence, qui avoisinait 373 millions de dollars sur la période. Ce budget a finalement été largement dépassé, pour atteindre plus d’un milliard de dollars. Le chiffre tombe alors que le pouvoir avait annoncé en 2025 des efforts pour réduire le train de vie de l’administration et financer l’effort de guerre contre l’AFC/M23 et son soutien rwandais dans l’Est.
Certains voyages ressortent plus que d’autres. Les déplacements de septembre 2025 à Astana, Pretoria et New York auraient coûté au Trésor public 510,6 millions de francs congolais, soit 220 600 dollars, rien qu’en frais bancaires. Le voyage dans le Tanganyika, fin 2024, aurait nécessité le décaissement d’un peu plus de 4,1 milliards de francs (1,78 million de dollars) pour assurer la sécurité du chef de l’État.
Le 27 juin 2025, une écriture de 13,06 milliards de francs (5,64 millions de dollars) a été enregistrée à titre de régularisation, pour couvrir les besoins liés à un « déplacement imminent du chef de l’État ». Une seconde écriture du même jour, de 11,46 milliards de francs (5 millions de dollars), correspond elle aussi à une mise à disposition de fonds.
Interrogée par la publication, la présidence rappelle que la guerre impose d’importants dispositifs de sécurité pour les déplacements du président et de la première dame. Elle souligne aussi que les dernières années ont été particulièrement intenses sur le plan diplomatique, en raison de l’agression rwandaise et des efforts pour y mettre fin. Elle précise que ces voyages mobilisent la Garde républicaine et les services de renseignement, dont les équipes se déploient plusieurs jours avant l’arrivée du couple présidentiel et restent sur place après son départ. Hébergement, restauration, transport du matériel et logistique s’ajoutent à la facture : « tout cela représente un coût », fait-elle valoir.






