À Bunia, le plein coûte plus cher. Jeudi 22 octobre, le litre d’essence est passé de 3 800 à 4 500 francs congolais dans certaines stations-service, soit 700 francs de plus, environ 18,4 %. Cette hausse intervient alors que le trafic des poids lourds est suspendu sur la route nationale 27, entre Bunia et Mahagi. Le lien direct entre la grève et la hausse reste à confirmer.
Les transporteurs et camionneurs observent un mouvement de débrayage depuis la mi-octobre. Ils protestent contre les violences qui ont coûté la vie à trois de leurs collègues le 13 octobre à Pimbo, dans le territoire de Djugu. Ils réclament des garanties de sécurité sur l’axe, une enquête sur ces tueries et une assistance aux familles des victimes.
Le blocage pèse déjà sur les marchés. La société civile de Ngote redoute une crise humanitaire, car la rupture de la chaîne d’approvisionnement provoque une flambée des prix des produits de première nécessité. Elle demande des escortes sécuritaires et le désarmement des milices, rappelant que les FARDC avaient déjà escorté une centaine de camions cette année.
À ce stade, les autorités n’ont pas publiquement annoncé de mesure pour rouvrir la RN27. Sur un autre axe de l’Ituri, la route Bunia-Kasenyi, plus de 200 véhicules sont par ailleurs immobilisés depuis le 12 octobre par une grève de transporteurs qui dénoncent son délabrement.






