Deux procès ont déjà eu lieu à Makala, et d’autres sont à venir. Le ministre d’État chargé de la Justice, Guillaume Ngefa, a annoncé que les poursuites pour infractions commises sur les réseaux sociaux allaient se multiplier, et que la justice choisirait un ou deux dossiers pour en faire des exemples.
Il s’exprimait lors d’un briefing de presse animé par son collègue de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya Katembwe. Le garde des Sceaux y a indiqué que de nombreuses personnes sont aujourd’hui jugées ou détenues à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, pour des faits liés à l’espace numérique. Parmi elles, a-t-il ajouté avec prudence, certaines se présentaient comme des communicants de la présidence de la République. Il a dit le croire, sans citer de noms ni de chiffres.
Son message est que la loi ne fera pas de distinction. Nul ne sera épargné en raison de son appartenance politique, a-t-il prévenu : « La loi doit être ferme et s’appliquer à tout le monde. »
Le ministre décrit une dynamique qui s’accélère. Les parquets se saisissent de plus en plus d’office de ces infractions, ce qui fait grossir le nombre de dossiers. Il s’attend à ce que cette tendance se poursuive. Son ministère en fait le décompte chaque semaine, afin de s’assurer que les lois de la République sont respectées. Plusieurs procédures sont en cours devant les juridictions, et deux audiences ont déjà eu lieu à Makala, en chambre foraine.
Guillaume Ngefa ne s’en tient pas à la répression. Il dit vouloir un espace numérique qui garantisse les droits de chacun, qui porte les valeurs du pays, culturelles comprises, et qui protège aussi les droits d’autrui.
Cette annonce survient alors que les réseaux sociaux congolais sont le théâtre de dérapages de plus en plus fréquents : insultes, injures, propos diffamatoires et attaques personnelles visant des responsables politiques, des personnalités publiques et de simples citoyens. Règlements de comptes, divulgation d’éléments de la vie privée, propos pouvant porter atteinte à l’honneur d’autrui : ces pratiques, visibles surtout dans les débats politiques, posent la question de la responsabilité des internautes. Les autorités judiciaires disent vouloir renforcer l’application de la loi.






