Le Bureau permanent d’enquêtes d’accidents et incidents d’aviation (BPEA) a répondu. Dans un communiqué daté du 21 octobre 2026, la cellule de communication de l’établissement exerce son droit de réponse après l’article du journaliste Steve Wembi, publié le même jour, qui s’appuyait sur plusieurs documents administratifs de 2025 et 2026 pour mettre en cause la gestion du Bureau.
L’article faisait état de la présence présumée d’agents fictifs dans les listings de paie, de la révocation de 41 agents, d’une demande de suspension du président du BPEA adressée à Félix Tshisekedi en juin 2025 et d’une recommandation de l’Inspection générale des finances (IGF) de juillet 2026 allant dans le même sens. Le BPEA dit en prendre acte « tel que rapporté par le journaliste ». Il ne conteste pas le principe du contrôle des services publics, mais demande que son fonctionnement soit apprécié à l’aune de ses contraintes.
Sa première réponse porte sur l’argent. Le Bureau affirme ne bénéficier d’aucune subvention de l’État, ne disposer d’aucun frais de fonctionnement et ne percevoir aucune quote-part des redevances aéronautiques prévue par l’article 8 du décret du 20 février 2023. Il précise ne recevoir de l’État que les salaires de ses agents, versés sur leurs comptes bancaires, et n’engager aucune dépense publique. Ses agents, ajoute-t-il, poursuivent leurs missions « parfois sur leurs propres moyens ». Ce constat rejoint celui de l’audit cité par l’article, qui décrivait un sous-financement chronique et la non-perception effective des redevances.
Sur les accusations, le Bureau demande de distinguer les allégations, les constats provisoires, les recommandations et les décisions définitives. Une recommandation de suspension n’est pas, dit-il, une suspension exécutée. Des anomalies dans les listings de paie ne suffisent pas à établir, sans pièces justificatives et sans examen individuel, l’existence d’une fraude ni un préjudice chiffré.
Le BPEA donne un chiffre sur les 41 agents. Selon lui, le dossier avait déjà été traité par une commission instituée par le vice-Premier ministre Marc Ekila. Après examen, 15 agents ont repris leur travail. Certains avaient été révoqués pour faute grave, notamment pour vol et falsification de documents académiques, tandis que d’autres faisaient partie du cabinet de l’ancien président du BPEA : d’après le règlement intérieur, le nouveau président vient avec les membres de son cabinet. Le Bureau écarte toute conclusion générale qui ne serait pas étayée dossier par dossier.
Il invite enfin la presse à solliciter les explications des institutions mises en cause. Il appelle les autorités à examiner ses difficultés de financement et affirme que la sécurité aérienne doit rester au-dessus des controverses. Ses enquêtes, rappelle-t-il, visent à prévenir les accidents, et non à rechercher des coupables.
Le communiqué ne répond pas sur plusieurs points relevés dans l’article initial : l’inactivité du comité directeur, la concentration des décisions entre les mains du président, les erreurs persistantes sur les listings depuis le quatrième trimestre 2024 et la lettre de l’IGF du 22 juillet 2026.






