Dans une semaine, Moscou verra défiler une partie de l’Afrique. Les 28 et 29 octobre, la capitale russe accueille le troisième Sommet Russie-Afrique, ainsi que le Forum économique et humanitaire Russie-Afrique. Deux présidents dont les pays s’opposent dans l’Est de la RDC y sont attendus : Félix Tshisekedi et Paul Kagame.
Le programme est déjà connu. La première journée prévoit une réception solennelle pour les chefs de délégation et une réunion des ministres des Affaires étrangères avec Sergueï Lavrov. La plénière aura lieu le second jour, coprésidée par Vladimir Poutine et le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, avant une conférence de presse conjointe.
Selon un décompte daté du 20 octobre, au moins dix-sept chefs d’État africains ont confirmé leur présence, alors que Moscou attend encore la réponse de cinq autres. Parmi eux, les dirigeants de l’Alliance des États du Sahel, Ibrahim Traoré, Abdourahamane Tiani et Assimi Goïta, ainsi que Faustin-Archange Touadéra, Mahamat Idriss Déby, Denis Sassou-Nguesso, Abdel Fattah al-Sissi et Yoweri Museveni. Les réponses des présidents libyen, algérien, nigérian, équato-guinéen et zimbabwéen restent attendues. Le chiffre n’a rien d’un record : dix-sept dirigeants africains avaient déjà fait le déplacement à Saint-Pétersbourg en 2023, contre 43 au premier sommet.
La RDC sera représentée au plus haut niveau, selon l’ambassadeur de la RDC en Russie, Ivan Vangu Ngimbi. Félix Tshisekedi doit y conduire la délégation, et plusieurs accords de coopération bilatérale doivent y être signés. En 2023, déjà, sa présence avait été annoncée avant que le ministre de la Défense ne conduise finalement la délégation, sans explication.
Côté rwandais, l’ambassadeur à Moscou, Joseph Nzabamwita, a confirmé à l’agence TASS que Paul Kagame participera au sommet. Il a ajouté que Kigali souhaite y signer une première commission socio-économique et politique. La présence simultanée des deux présidents compliquera le protocole russe, tant leurs relations sont glaciales, sur fond de conflit dans l’Est de la RDC.
Le sommet doit aussi servir à préparer la suite. Les participants doivent dresser le bilan des engagements pris depuis 2019, évaluer le plan d’action 2023-2026 et définir un nouveau cadre de coopération pour les années à venir.






