Erik Prince frappe de nouveau à la porte de l’armée congolaise. Selon Africa Intelligence, le patron de Vectus Global, proche de Donald Trump, est en discussion avec Kinshasa autour d’un mandat d’appui technique et logistique auprès des FARDC. Cette information n’a pas, à ce stade, fait l’objet d’une confirmation officielle relayée publiquement, et le contenu précis du mandat n’est pas connu.
L’homme n’arrive pas en terrain vierge. En décembre 2024, Prince a signé un contrat de cinq ans avec le ministère congolais des Finances, et non celui de la Défense. Par ses sociétés Vectus Global et Quantum Global Consulting, il doit aider à sécuriser les sites miniers, améliorer la collecte de l’impôt et freiner la contrebande des minerais. La valeur de ce contrat varie selon les sources, entre 200 et 700 millions de dollars. Selon des experts de l’ONU, Quantum Global Consulting, basée aux Émirats arabes unis, a créé une filiale congolaise en juin 2025, laquelle a ensuite enregistré Vectus Global dans le pays.
Le rôle de ses hommes a pourtant dépassé ce cadre. En janvier 2026, l’équipe de Prince a été déployée aux côtés des forces spéciales congolaises pour reprendre Uvira, deuxième ville du Sud-Kivu, que le M23 avait brièvement prise. C’était la première présence connue de ses hommes sur la ligne de front. Jeune Afrique rapporte que les équipes de Prince reconnaissent avoir fourni un soutien logistique à la réinstallation de l’armée congolaise dans la ville. Africa Intelligence avait déjà fait état, à l’époque, d’un accord de janvier entre Vectus Global et le gouvernement de Kinshasa pour appuyer ces opérations.
Ce déploiement soulève une question juridique. Un rapport relève qu’aucun décret public n’autorise explicitement les contractuels de Prince à opérer dans un rôle orienté vers le combat sur le sol congolais, ce qui pose la question du contrôle et de la responsabilité en cas d’abus.
Les termes du mandat en discussion ne sont pas détaillés : durée, périmètre, financement, nature exacte de l’appui, et place de ce mandat par rapport au contrat signé avec le ministère des Finances. Aucune réaction de Kinshasa ou de Vectus Global n’a été relayée à ce stade.






