Dans une déclaration publiée ce lundi 2 novembre 2026, les membres du Bureau politique du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) rejettent et condamnent avec la plus grande fermeté la dissolution de leur formation politique par le Conseil d’État. Contestant la légalité de cette décision, ils réaffirment leur attachement aux idéaux du parti, à son héritage politique ainsi qu’à son engagement en faveur de la souveraineté, de l’unité nationale et de la démocratie.
Dénonçant « une décision d’une gravité politique et institutionnelle », le parti de Joseph Kabila estime que celle-ci « marque une nouvelle étape dans l’entreprise méthodique et diabolique de rétrécissement continu de l’espace démocratique et d’étouffement de l’opposition en République démocratique du Congo ».
« Les articles 6 et 8 de la Constitution garantissent le pluralisme politique et les droits de l’opposition, piliers fondamentaux de notre pacte républicain. Sur quel fondement légal le Conseil d’État s’arroge-t-il le pouvoir de dissoudre un parti politique ? L’article 31 de la loi n° 04/002 du 15 mars 2004 attribue cette compétence à des juridictions bien déterminées, tandis que la loi organique du 15 octobre 2026 relative aux juridictions administratives ne confère aucunement ce pouvoir au Conseil d’État. Cette décision constitue donc une monstruosité juridique inédite, soulevant une question fondamentale d’incompétence juridictionnelle », peut-on lire dans cette déclaration, signée notamment par Henri Mova Sakanyi, André Kimbuta, Richard Muyej et Néhémie Mwilanya.
Le PPRD estime également que cette dissolution ne respecte pas les garanties prévues par les instruments juridiques internationaux auxquels la RDC est partie.
« Une mesure d’une telle ampleur doit satisfaire aux exigences de légalité, de nécessité et de proportionnalité, consacrées notamment par les articles 19, 22 et 25 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que par les articles 9, 10 et 13 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Par cette dissolution aussi illégale qu’arbitraire du PPRD, la démonstration est donc de nouveau faite que la justice est devenue un instrument de liquidation des adversaires politiques dans notre pays. Dans un État de droit, la loi est au-dessus du pouvoir, et non l’inverse », dénonce le parti.
Toutefois, le PPRD appelle ses militants, cadres et sympathisants au calme, à la dignité, à l’unité et à la détermination. Il les exhorte à rejeter toute provocation et à poursuivre leur engagement politique. Le parti invite également ses fédérations et représentations à l’étranger à maintenir allumée la flamme du mouvement, à renforcer la solidarité entre ses membres et à défendre les libertés démocratiques auprès des institutions et des opinions publiques internationales.
Par ailleurs, le PPRD exige la levée des mesures de suspension visant douze autres partis politiques ainsi que la libération des personnes qu’il considère comme détenues arbitrairement, notamment ses cadres Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku. Il appelle enfin l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Union africaine (UA) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à ne pas « cautionner » un éventuel troisième mandat présidentiel.






