La réplique est tombée en vingt-quatre heures. Le dimanche 25 octobre, le Mouvement d’Action pour le Redressement du Congo (M.A.R.C.), présidé par Lubaya Claudel André, a publié une déclaration politique pour répondre aux propos attribués à Félix Tshisekedi devant les cadres de l’Union sacrée : « Cette Constitution, je ne l’aime pas, et vous le savez. Vouloir la changer ou la toucher, c’est votre responsabilité. Si, en 2028, vous refusez, je m’arrête là. »
Le M.A.R.C. dit noter ces propos « avec gravité ». Pour lui, en exprimant ouvertement son rejet de la Loi fondamentale, le chef de l’État marque son mépris d’un texte dont il est le garant, sur lequel il a prêté serment devant Dieu et la Nation, et dont il tire la légitimité de son pouvoir. Le mouvement y voit, sur le plan politique et moral, un reniement de son serment, qui engage gravement sa responsabilité.
Il rappelle que la Constitution n’oblige personne à l’aimer, mais impose au président de la respecter, de la défendre et d’en garantir le respect, un devoir consacré par les articles 69 et 74. Pour le M.A.R.C., c’est au nom de cette même Constitution que le chef de l’État devra, quelles que soient ses ambitions, quitter définitivement et sans atermoiements le pouvoir en décembre 2028, au terme de son second et dernier mandat. La Constitution qu’il désavoue est justement celle qui fixe les limites de son pouvoir. Il n’a, selon le mouvement, ni le droit de la mépriser, ni celui de lui substituer sa volonté, encore moins de la remplacer par un texte taillé sur mesure pour ses ambitions.
Le M.A.R.C. formule une double exigence. Il appelle Félix Tshisekedi à mesurer la gravité de ses déclarations et à réaffirmer solennellement, sans réserve ni ambiguïté, son engagement à respecter, défendre et faire respecter la Constitution, conformément à l’article 74. À défaut, il l’exhorte à assumer pleinement ses responsabilités et à en tirer les conséquences politiques et institutionnelles, y compris en présentant sa démission, dans le respect des articles 75 et 76. Le président ne peut plus gouverner, estime-t-il, « au nom d’une Constitution qu’il n’aime pas ».
Le mouvement réaffirme son attachement à la Constitution, à la continuité de l’État et à l’alternance démocratique. Il se déclare fermement opposé à toute initiative visant à changer ou à réviser la Constitution dans les circonstances politiques et sécuritaires actuelles, au regard des risques pour la stabilité institutionnelle, la cohésion nationale et les acquis démocratiques.
Il plaide enfin pour un dialogue national véritablement inclusif, afin de dégager un consensus sur les conditions du retour à la paix, la réconciliation nationale et l’organisation d’élections libres et crédibles, « à l’abri des humeurs, des intérêts personnels et des calculs politiques de quiconque, fût-il Président de la République ».






