Ils tenaient la ligne contre Ebola. Ils ne tiennent plus faute de paiement. Depuis le vendredi 23 octobre, les prestataires de terrain engagés dans la riposte à l’épidémie ont déclenché une grève sèche et illimitée dans la zone de santé de Nia-Nia, dans le territoire de Mambasa, en Ituri. Ils réclament près de trois mois d’arriérés de primes, annoncent la suspension de toutes leurs activités et disent ne plus rien percevoir depuis août.
Cette interruption pourrait perturber la surveillance épidémiologique, la sensibilisation communautaire et les mesures de prévention. Elle survient alors que, selon des sources sanitaires locales, Ebola continue de se propager dans certaines aires de santé à la périphérie de Mambasa. Les autorités provinciales et les responsables de la riposte n’avaient pas encore réagi aux revendications au moment de la publication.
À Nia-Nia, c’est déjà la grève. Ailleurs en Ituri, c’est l’ultimatum. À Rwampara, dans la ville de Bunia, le Collectif des prestataires de terrain affirme cumuler 77 jours sans primes ni frais de communication. Au Centre de traitement d’Ebola de Kasenyi, dans la zone de santé de Tchomia, les prestataires congolais disent ne pas avoir reçu leurs primes de mai, juin, août et septembre 2026. Dans les deux cas, ils menacent de suspendre leurs activités sous 48 heures.
À Rwampara, les revendications ne se limitent pas aux retards de paiement. Dans un mémorandum adressé au gouvernorat et aux autorités sanitaires, les agents signalent aussi des irrégularités présumées dans les listes de paie, dont des noms fictifs. Ils demandent une commission mixte pour vérifier ces listes et s’assurer que les paiements parviennent aux agents engagés dans la riposte. Ils dénoncent également le blocage du paiement des relais communautaires.
Le scénario n’est pas nouveau. Dès le 13 juillet, les soignants du centre de traitement de Rwampara avaient durci leur grève, abandonnant les malades sur leurs lits, pour protester contre le non-paiement de salaires et de primes promis par le ministre de la Santé lors de son passage dans la région. En août, du personnel des centres de Nizi, dans le territoire de Djugu, et de Kasenyi avait aussi suspendu ses activités pour réclamer plusieurs mois d’arriérés.
L’enjeu sanitaire est lourd. L’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie d’Ebola en RDC, et une suspension des activités dans ces structures pourrait affecter le fonctionnement de la riposte et la prise en charge des patients. La coordination de la riposte à Rwampara et l’exécutif provincial n’avaient pas encore répondu aux revendications au moment de la rédaction des articles consultés.






