Le virus venu de RDC a fait une deuxième victime au Kenya. Vendredi 23 octobre, le ministère kényan de la Santé a annoncé la mort d’une femme de 65 ans, troisième cas confirmé de maladie à virus Bundibugyo, une forme d’Ebola, dans le pays. Dans un communiqué diffusé à 22 heures à Nairobi, le directeur général de la Santé, le Dr Patrick Amoth, indique qu’elle est décédée en début de soirée.
Elle était un proche parent direct du premier malade. Placée en quarantaine, elle avait développé des symptômes le 13 octobre et avait été admise le jour même dans l’unité des maladies infectieuses, où elle recevait des soins de soutien. Le ministère présente ses condoléances à sa famille, qui a été informée, et demande à la presse et au public de respecter son intimité. Les autorités organisent avec elle un enterrement sûr et digne, conforme aux protocoles de santé publique, afin de protéger la famille et la communauté d’une éventuelle contamination.
Le bilan s’établit à deux morts pour neuf cas confirmés. Les sept autres patients restent soignés dans deux centres d’isolement. Le ministère assure que tous les cas appartiennent à un seul foyer de contacts connus, sans aucune preuve de transmission dans la population. Il rappelle que les patients peuvent changer brutalement d’état et appelle à éviter tout contact avec le sang ou les fluides corporels d’un malade, à ne pas toucher le corps d’une personne morte d’une maladie suspecte, à se laver régulièrement les mains et à consulter immédiatement en cas de fièvre, de faiblesse, de douleurs musculaires, de vomissements, de diarrhée ou de saignements inexpliqués. Un numéro gratuit, le 719, et une ligne WhatsApp, le 0700 719 719, sont à disposition.
Toute la chaîne remonte à un homme arrivé de RDC. Le 6 octobre, le Kenya a annoncé son premier cas confirmé, importé, chez un adulte qui avait voyagé de la RDC vers le Kenya par la route via l’Ouganda, avant d’arriver à Nairobi le 3 octobre par avion. Les huit cas secondaires, quatre proches et quatre soignants, étaient tous liés à ce premier cas et se trouvaient déjà en quarantaine quand les symptômes sont apparus. Les autorités ont identifié 135 contacts. Dans son compte rendu du Conseil des ministres du 9 octobre, le gouvernement congolais avait décrit le patient comme un homme de 40 ans, de nationalité kényane et d’origine somalienne, tenancier d’une station-service à Zagili, dans la zone de santé de Bondo, au Bas-Uélé.
Le foyer kényan est une extension d’une épidémie bien plus grave en RDC. Selon l’OMS, 9 704 cas confirmés, dont 4 687 décès, ont été signalés au 20 octobre dans 66 zones de santé de huit provinces congolaises. La transmission communautaire y est toujours en cours, et l’Ouganda a notifié 20 cas, dont deux décès, depuis le 15 mai. Le Nigeria a aussi confirmé, le 20 octobre, un cas importé à Abuja, chez une patiente venue d’Ouganda.






