L’organisation non gouvernementale Reporters sans frontières (RSF) a vivement critiqué la décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) de sanctionner les médias qui diffuseraient des informations sur le mouvement politico-militaire Front pour la Refondation de la Nation (FRN), associé à l’ancien président Joseph Kabila, ou qui donneraient la parole à ses membres.
Dans un communiqué publié ce jeudi 22 octobre, RSF estime que ces restrictions sont disproportionnées et dénonce des formulations dangereusement vagues, susceptibles de restreindre la liberté de la presse. L’organisation exhorte ainsi le CSAC à garantir aux journalistes la possibilité de couvrir le conflit armé dans l’est de la République démocratique du Congo, dans le respect de leur mission d’information.
Pour rappel, dans une décision datée du 19 octobre, le régulateur des médias a menacé de sanctions les médias audiovisuels, les journalistes, les chroniqueurs, les invités, les créateurs de contenus et les influenceurs qui accorderaient la parole aux dirigeants et aux membres du FRN ou diffuseraient leurs communiqués, notamment dans le cadre d’entretiens ou d’interventions en direct. La mesure vise également les structures armées liées à ce mouvement.
Le CSAC entend par ailleurs sanctionner toute démarche susceptible de contribuer à la « légitimation » ou à la « banalisation » des activités de la rébellion, ainsi que la prise de parole des représentants des partis politiques interdits. Ces restrictions s’accompagnent de menaces de sanctions prévues par la loi.
La décision concerne également la diffusion d’informations faisant état des faiblesses des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sur les lignes de front.






