Kinshasa — L’avocat de Ndala Mpoyi Kabundi Jacky a saisi le Procureur général près la Cour de cassation au sujet de la situation de son client, dont il affirme être sans nouvelles depuis son interpellation, le 4 mars dernier.
Dans une correspondance adressée au magistrat, Me Odudu Menga Jean-Pierre, agissant pour le compte de la famille de Ndala Mpoyi Kabundi Jacky, sollicite « l’implication personnelle » du Procureur général afin que des dispositions soient prises concernant la situation de son client.
Selon cette lettre, Ndala Mpoyi Kabundi Jacky, présenté comme père de famille, avait quitté son domicile le 4 mars pour se rendre dans la commune de Bandalungwa, à Kinshasa, où il devait dispenser une formation à des aspirants journalistes. L’avocat affirme qu’il aurait alors été interpellé par des personnes non identifiées.
Le conseil soutient que son client aurait été embarqué à bord d’un véhicule sans avoir été informé des motifs de son interpellation ni de ses droits. Il invoque notamment les dispositions de l’article 18 de la Constitution congolaise relatives aux droits des personnes arrêtées et gardées à vue.
Une plainte déposée après l’interpellation
Toujours selon la correspondance, l’épouse de Ndala Mpoyi Kabundi Jacky aurait saisi, le 6 mars, l’Inspection provinciale de la police judiciaire, située sur l’avenue du 24-Novembre à Kinshasa-Gombe, en déposant une plainte contre inconnus.
L’avocat affirme que la famille serait restée sans nouvelles de son client pendant plusieurs jours.
Il indique que ce n’est que lors d’une perquisition menée le 10 mars à la résidence de Ndala Mpoyi Kabundi Jacky que la famille aurait appris qu’il se trouvait en détention. La lettre attribue cette opération à des agents présentés comme relevant de la « Maison militaire du Chef de l’État ».
Le conseil affirme ensuite que plusieurs démarches auraient été entreprises afin d’obtenir un contact avec le détenu, sans, selon lui, de suite favorable.
L’avocat invoque les droits de la personne détenue
Dans sa correspondance, Me Odudu Menga Jean-Pierre invoque notamment l’article 18 de la Constitution, qui prévoit que toute personne arrêtée doit être informée des motifs de son arrestation et de ses droits.
Il rappelle également le droit de la personne gardée à vue d’entrer immédiatement en contact avec sa famille ou son avocat.
L’avocat estime que la durée de détention de son client soulève également des interrogations au regard des dispositions constitutionnelles relatives à la garde à vue. Il demande ainsi au Procureur général d’intervenir afin que la situation de Ndala Mpoyi Kabundi Jacky soit clarifiée par les autorités compétentes.
Des accusations de liens avec l’AFC/M23 évoquées
La lettre aborde également des informations diffusées sur les réseaux sociaux concernant Ndala Mpoyi Kabundi Jacky.
L’avocat cite notamment Jean Thierry Monsenepwo, Stéphane Balamuange, le pasteur Gully Bokwala et Jeanne Kapinga, auxquels il reproche d’avoir relayé des informations présentant son client comme étant en connivence avec l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23).
Ces accusations restent toutefois, à ce stade, des allégations rapportées par l’avocat dans sa correspondance. Elles ne constituent pas des faits judiciairement établis. Aucun élément permettant, sur la seule base de cette lettre, d’établir la réalité de ces accusations ou leur éventuelle qualification judiciaire ne peut être affirmé.
L’avocat s’interroge par ailleurs sur l’origine des informations diffusées et sur leur éventuel lien avec le service qui détiendrait son client.
Une demande de clarification adressée à la justice
À travers cette saisine, la défense demande donc au Procureur général près la Cour de cassation de se pencher sur les conditions dans lesquelles Ndala Mpoyi Kabundi Jacky aurait été interpellé, sur son lieu de détention, sur son accès à sa famille et à ses avocats ainsi que sur la procédure judiciaire éventuellement engagée à son encontre.
La correspondance conclut en sollicitant l’intervention personnelle du Procureur général, l’avocat estimant que son client mérite que sa situation soit clarifiée dans le respect des garanties prévues par la Constitution.
À ce stade, cette démarche constitue la position et les allégations de la défense. Elle ne préjuge ni de la réalité de l’ensemble des faits dénoncés ni de l’existence éventuelle d’une procédure judiciaire contre Ndala Mpoyi Kabundi Jacky. Les autorités concernées n’ont pas, dans le document présenté, apporté leur version des faits.
Steve WEMBI






