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Politiquejeudi 29 octobre 2026, 09:46

RDC : Joseph Kabila dénonce la dérive autoritaire du pouvoir et pose la question de l’avenir démocratique du pays

Par Rédaction · 4 min de lecture
L’ancien président congolais Joseph Kabila prend la parole lors du lancement du Front pour la refondation de la nation (FRN) soutenu par le M23 à Goma, en République démocratique du Congo, le 12 octobre 2026.

Seize jours après l’annonce du Front pour la refondation de la nation (FRN) à Goma, l’ancien président Joseph Kabila a accordé sa première interview depuis la création du mouvement. Réalisé le 23 octobre dans la ville de Goma, contrôlée par la rébellion, l’entretien a été publié le mercredi 28 octobre par Conspiracy Tracker Great Lakes, par la chercheuse Bojana Coulibaly et le journaliste Teddy Mazina.

Il y défend sa décision de prendre la tête du FRN, en affirmant que le pays a besoin d’une transformation politique profonde pour mettre fin à ce qu’il appelle une dictature et au rétrécissement de l’espace démocratique sous Félix Tshisekedi. Sa question centrale a donné son titre à l’entretien : le Congo a-t-il besoin d’une élection ou d’une révolution ? Il précise qu’une révolution ne signifie pas nécessairement une lutte armée, mais un changement fondamental de la manière de gouverner et d’organiser les élections. Il se demande aussi si des élections crédibles auront lieu en 2028.

Sur la lutte armée, Joseph Kabila dit avoir cru de tout cœur qu’il existait d’autres solutions que la voie militaire et que le dialogue restait la sortie de crise, mais qu’il fallait des partenaires qui partagent cette conviction. Les deux dernières années lui auraient montré qu’il n’y en avait aucun à Kinshasa. Selon lui, le choix de Félix Tshisekedi de s’appuyer sur la force militaire a laissé aux Congolais l’option de prendre les armes. Il affirme n’avoir jamais eu l’intention de lancer un conflit armé contre le gouvernement. Quand on ferme l’espace politique et que Kinshasa décide que la seule solution est de se battre jusqu’au dernier homme, demande-t-il, quelles autres options reste-t-il aux Congolais ?

Le FRN, explique-t-il, vise à mettre fin à la crise politique et à reconstruire les institutions de l’État. Il le décrit comme une réponse à une menace existentielle pour le pays, et dit avoir choisi de revenir à l’action politique plutôt que de laisser les problèmes du Congo devenir de l’histoire lointaine.

Un autre volet de l’entretien porte sur le tribalisme et les discours de haine, que l’ancien président qualifie de cancer. Il accuse l’administration Tshisekedi d’avoir transformé les récits ethniques en propagande officielle, et affirme que le FRN agira contre ces discours, au-delà des zones qu’il contrôle, par l’application de la loi. Il rappelle que la Constitution et les lois n’autorisent ni la discrimination ethnique ni l’incitation à la violence, et lie la propagation de la haine ethnique à l’idéologie de la milice FDLR, que Kinshasa soutient selon lui.

Sur le plan sécuritaire, Joseph Kabila revient sur la frappe de drone du 11 mars à Goma, qui a tué une employée française de l’UNICEF, Karine Buisset, et deux autres personnes. Il accuse le gouvernement Tshisekedi d’avoir cherché à l’assassiner, la maison touchée se trouvant près de l’une de ses résidences, et en conclut que Kinshasa n’a aucun intérêt pour la paix. Il dit avoir été trompé par le cessez-le-feu, qui lui avait donné un faux sentiment de sécurité. Il affirme que des drones avaient déjà tué des dizaines de personnes à Masisi, qu’ils survolent encore Minembwe et une partie du Sud-Kivu, et que, depuis l’annonce du cessez-le-feu, les attaques par drones ont fait des centaines de morts parmi les civils et sur des positions militaires. Il précise, malgré tout, ne pas avoir quitté le processus de discussions.

Ces déclarations arrivent dans un contexte tendu. Félix Tshisekedi a affirmé devant les parlementaires de sa majorité que Paul Kagame avait demandé à son relais de sortir de l’ombre pour prendre la tête de l’offensive, y voyant le signe d’un camp acculé. Joseph Kabila, qui est sous sanctions américaines pour son soutien présumé au groupe, a démenti toute trahison. La principale coalition d’opposition, de son côté, a pris ses distances avec lui en condamnant toute prise de pouvoir par la force. Le gouvernement de Kinshasa le présente comme un pion du Rwanda.

Source : https://infos-directes.com/rdc-joseph-kabila-denonce-la-derive-autoritaire-du-pouvoir-et-pose-la-question-de-lavenir-democratique-du-pays/
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