Soixante-six condamnations à mort dans un seul procès. Le tribunal militaire de garnison de Goma, siégeant en audience foraine à Walikale-centre, au Nord-Kivu, a prononcé cette peine contre 66 militaires du 3415ᵉ régiment des FARDC. Un autre soldat a été condamné à dix ans de servitude pénale, et quatre prévenus ont été acquittés, dont le capitaine chargé du renseignement du régiment.
Le verdict est tombé au terme de douze jours d’audience. Les poursuites visaient la révolte militaire, le refus d’obéissance, la lâcheté face à l’ennemi et la dissipation de munitions de guerre. Le ministère public avait requis la peine capitale contre 70 des 71 prévenus, et dix ans de servitude pénale contre un officier du renseignement militaire.
Les faits remontent à la mi-octobre. Selon le major Dieudonné Kasereka, chargé de communication de la 34ᵉ région militaire, les soldats ont été arrêtés le 20 octobre à Ngora, après des incidents signalés à Ntoto, dans le secteur de Wanianga, en territoire de Walikale. À l’ouverture du procès, le 26 octobre, 54 militaires comparaissaient. Selon le récit d’alors, des incidents survenus à Ntoto avaient fait deux morts, un militaire et un civil, et deux blessés, au cours d’une altercation avec des éléments de la Police militaire qui tentaient de les empêcher de quitter sans autorisation la zone de combat. Des fusillades avaient aussi été signalées à Ngora les 16 et 20 octobre.
Ce n’est pas le premier procès pour ce régiment. Le 1ᵉʳ septembre, le même tribunal avait condamné dix de ses militaires, dont deux à la peine de mort, pour l’assassinat de leur commandant de compagnie, le capitaine Musanga Bebeto, tué en octobre 2025 lors d’opérations contre l’AFC/M23 dans le territoire de Masisi. Quatre d’entre eux avaient aussi été condamnés solidairement à verser 50 000 dollars à la partie civile.
Pour les autorités militaires, le procès s’inscrit dans une démarche de renforcement de la discipline au sein de l’armée, dans un contexte marqué par la poursuite des opérations contre les groupes armés dans l’Est. Le tribunal a examiné les preuves, entendu les parties et statué en flagrance, une procédure accélérée.
Le jugement a été rendu au premier degré. À ce stade, les informations consultées ne précisent ni les suites éventuelles en appel, ni la réaction de la défense, ni celle des organisations de défense des droits humains.






